vendredi 13 mars 2020

Famille

Jusqu'au tout dernier moment papa et maman devaient monter en Bretagne pour venir m'aider pour mon déménagement. C'était pour moi un sentiment très partagé : évidemment, j'avais très envie de les voir (depuis Noël qu'on ne s'est pas vus) et de vivre le moment de l'achat et de mon installation avec eux. Mais la situation sanitaire en France depuis une semaine n'était pas en mesure de me rassurer.

Finalement, des messages assez alarmistes m'étant parvenus jeudi soir par une amie et alors que j'essayais déjà de les dissuader de venir depuis près d'une semaine, ils ont fini par renoncer à faire le trajet, le matin-même de ma signature, voiture chargée et chaussures aux pieds.



...me voilà rassurée. Triste, mais rassurée.
Qu'à cela ne tienne, on se rattrapera dans quelques mois, tous ensemble, sains et saufs, sous le soleil estival !

Signature & 1ers voyages

Vendredi 13 mars. Il ne faut pas être superstitieux ! La plupart des gens qui ont appris la date se sont montrés optimistes : "c'est signe que tu auras de la chance dans cette maison". Vu comme ça, effectivement, ce serait chouette !

Me voilà donc chez un notaire de Douarnenez en ce vendredi 13 mars 2020 pour signer pour la 1ère fois de ma vie l'achat d'une maison. L'agent immobilier est là, ainsi que les deux fils de la personne qui vivait avant moi dans la maison : une dame âgée décédée à l'honorable âge de 99 ans, et dont ses enfants ont hérité. Leurs épouses sont également présentes. Ils sont venus de loin et se montrent sympathiques pour notre première (et probablement dernière ?) rencontre ! Des banalités sont échangées, la signature se déroule sans accroc aucun. C'est moderne : la présentation est réalisée sur grand écran, la signature se fait sur une tablette conçue à cet effet... pas besoin de parapher chaque page, c'est plutôt plaisant ! Evidemment, covid-19 oblige, je refuse de serrer les mains de mes interlocuteurs, mais le cœur y est. Il est midi passé et me voilà désormais propriétaire de ma maison. J'ai les clefs et un vulgaire bout de papier du notaire qui témoignent de mon nouveau statut : c'est un peu déconcertant !



Alors je file à Quimper. C'est l'heure de manger, et la situation sanitaire ne faisant qu'empirer de jour en jour, tous prédisent un confinement à venir prochainement. Je décide de commencer au plus tôt les trajets pour vider mon appartement - 50 m² seulement, mais ils sont bien remplis !



En arrivant à Quimper, ironie du sort, les mains trop chargées par les clefs de ma maison qui m'ont été données et dont je ne souhaite plus me séparer, celles de mon ancien appartement, de ma voiture, et un flacon de gel hydroalcoolique, j'ai laissé échapper quelques instants mon précieux sésame : l'attestation du notaire ! Horreur ! Mes précautions pour ne pas laisser échapper mes clefs n'auront été que de courte durée puisque j'ai tout jeté au sol pour me précipiter sur mon attestation qui tentait déjà de rouler sous la voiture rouge de mon voisin, sur le goudron légèrement humide du parking. Il ne manquerait plus qu'elle s'envole dans une flaque d'eau compte-tenu des petites bourrasques qui l'éloignent de moi... ! Je finis heureusement par la rattraper et m'en vais ouvrir mon logement et commencer à charger mon Kangoo...



Les voyages s'enchaînent et se ressemblent. Ma voiture est à chaque fois pleine à craquer et je me demande comment font les gens sans ludospace

 

A la fin de la journée, l'appartement s'est déjà en partie bien vidé. Il est prévu que le reste des cartons soit apporté le lendemain, et les meubles dimanche.

  

Je profite de ma présence à la maison pour essayer de mettre en route la chaudière : elle n'a pas de fioul. Vu que nous sommes vendredi, je tente d'appeler un professionnel pour m'en faire livrer : par chance, j'ai pu y parvenir ! Voilà qui devrait déjà résoudre un "petit" problème...

La voilà !

C'est là que tout commence, la moto ancienne et les...

Ah non ! Au temps pour moi, ce n'est pas exactement ça !

C'est là que tout commence, la maison, les travaux...
Une nouvelle page en somme !

Pour celles et ceux qui n'auraient pas la référence, sachez qu'il y a environ 10 ans (déjà !), mon papa, passionné de motos anciennes, a entamé la création d'un blog dédié à la restauration d'une Honda CB350 qu'il avait achetée. Puis, au fil des ans et des bonnes affaires dénichées çà et là, il commencé à étoffer sa collection et s'est petit à petit construit un mini empire du blog de niche, dédié à la restauration de motos et cyclos anciens, de marque Honda. Aujourd'hui, il est à la tête de près d'une quinzaine de blogger dédiés au travail qu'il mène quotidiennement pour redonner à ses motos leur lustre d'antan ! Si vous souhaitez y jeter un œil, sachez qu'il a même son propre site qui permet de les regrouper.

Ses blogs ont aidé des centaines de personnes à trouver des astuces indispensables, lui ont permis de poser à plat les difficultés qu'il pouvait rencontrer, de suivre l'évolution de ses restaurations, de garder une trace photographique de ses travaux et lui ont même offert l'opportunité de nouer de nombreux contacts à travers la France -oserais-je dire le monde ?

Preuve en est, s'il en fallait encore une, que le "blog", en 2020, ce n'est finalement pas si mort qu'on pourrait le penser... !

C'est ainsi que ces derniers jours m'est venue à l'esprit l'idée de, moi aussi, me (re)lancer dans l'aventure de la publication sur internet d'un pan de ma vie. En 2008, je m'essayais via Skyblog à retracer l'histoire de mon groupe préféré - R.E.M. Puis les années suivantes, je multipliais les créations : blogs personnels, collaboratifs, dédiés à mon groupe de musique... bref, les réseaux sociaux à proprement parler n'étaient pas encore aussi présents qu'aujourd'hui et c'était pour nous, adolescents, un lieu d'expression particulièrement prisé !

J'ai aujourd'hui 27 ans, et viens de mener à bien ma première acquisition immobilière. Je suis certaine que cette expérience sera à la fois quelque chose de très positif et très difficile. La maison est ancienne, et elle nécessitera des travaux importants pour (re)devenir un lieu de vie agréable. Alors pourquoi ne pas me permettre de pouvoir, d'ici quelques années, revivre cette aventure au travers des pages d'un blog qui lui serait dédié... ?

C'est ainsi que j'ai décidé de le créer et que, si vous lisez cet article, il s'est finalement concrétisé.

Alors Kenavo et à bientôt !